Les bénévoles de la bibliothèque de Plufur sélectionnent des livres dans le Bibliobus.

C’est un rituel depuis sept ans. Une fois tous les six mois, le Bibliobus de la Bibliothèque départementale Côtes-d’Armor s’arrête à Plufur. 300 livres sont prêtés à la petite bibliothèque. Pour les habitantes, c’est un accès facilité à la littérature.

Le calme règne dans le bourg de Plufur. Personne dans la rue. Postés derrière une fenêtre, deux chats guettent le passage irrégulier des voitures. Il est 15 h, le café ouvrira dans une heure. Mais déjà, au bout de la rue, la bibliothèque s’anime. Le Bibliobus est stationné devant pour l’après-midi. Dix bénévoles chargent et déchargent bandes dessinées et autres livres.

C’est un jour particulier. Le Bibliobus de la Bibliothèque des Côtes-d’Armor (BCA) ne passe que deux fois par an. Ce mercredi, 300 ouvrages sont rendus et 300 nouveaux complètent la collection de la bibliothèque municipale et associative. Ils seront lus par les 171 adhérent•e•s de la commune. Pour seulement 550 habitant•e•s.

C’est dire que la bibliothèque de Plufur est une institution. « C’est assez exceptionnel », s’exclame Anne-Marie Coujeau, bibliothécaire à la BCA. « Ça représente 30 % de la population locale. La moyenne nationale est de 14 % », précise Anne-Marie entre deux piles de livres extraites du véhicule.

Le Bibliobus, une nécessité 

Le passage du bus est essentiel. « S’il ne passait plus, ça serait une catastrophe », lâche Patricia Doly qui gère la bibliothèque. « On tournerait en rond avec nos vieux livres en petite quantité », enchaîne sans attendre la bibliothécaire bénévole à l’accent espagnol. La bibliothèque possède un fonds fixe de 2 700 à 3 000 livres.

« Il y aurait des manifestations si la bibliothèque fermait » – Patricia Doly, bénévole 

Le Bibliobus passe dans toutes les communes du département de moins de 10 000 habitant•e•s équipées d’une bibliothèque. Grâce à lui, celle de Plufur peut renouveler ses livres sans dépenser. Un luxe qu’elle ne pourrait pas se payer, l’abonnement étant gratuit, la municipalité n’étant pas assez riche pour multiplier les achats.

Si de nouveaux ouvrages sont achetés chaque année grâce à des dons, le Bibliobus reste nécessaire : « Cela apporte de l’éclectisme à notre bibliothèque », souligne Françoise, bénévole, alors qu’elle choisit un livre sur les bistrots.

Des adhérent•e•s investi•e•s

« Le bus nous permet de nous ouvrir à des livres d’actualité et aux récentes éditions », complète Patricia Doly. La responsable poursuit : « Quand il vient, les gens savent qu’ils vont avoir de nouvelles lectures ».

À chaque nouvelle arrivée de la bibliothèque sur roues, de nombreux.ses adhérent•e•s s’impliquent. « On demande aux habitués de venir donner un coup de main », explique Annick, bénévole. C’est avec attention que l’ancienne institutrice sélectionne les livres pour les plus jeunes. Ils seront ensuite minutieusement rangés sur les étagères en bois au milieu de la petite bibliothèque rénovée.

La bibliothèque de Plufur, c’est plus que de la littérature. « C’est un lieu de rencontre, on y boit le café », se réjouit Patricia. Elle prévoit même d’y installer un ordinateur. « Ça permettrait d’ouvrir les personnes âgées à l’informatique. Certaines n’osent pas », ajoute-t-elle. Elle conclut : « Il y aurait des manifestations si la bibliothèque fermait. »

Bibliobus
Le Bibliobus des Côtes-d'Armor à Plufur

Roxane de Witte et Jordan Guérin-Morin

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