Marie Cazuc aide Johann et Rose, depuis septembre.

Une fois les cours terminés, certain·e·s élèves jouent les prolongations en bénéficiant d’un accompagnement scolaire adapté. À Lannion, les écoles Pen ar Ru, Saint-Roch et Woas Wen ont mis en place ce dispositif. Un seul but : réduire les inégalités et offrir un cadre de travail agréable pour les enfants.


Partir des acquis pour favoriser l’estime et la confiance en soi, tel est le leitmotiv de ce dispositif. L’aide aux devoirs permet de donner un rythme aux enfants et d’éviter les disputes avec les parents. La mairie a décidé d’aider exclusivement ces trois écoles de quartier. « On travaille vraiment sur les inégalités, c’est pour ça que ce sont ces écoles que l’on aide », indique la responsable du service enfance de la Ville, Magali Renon.

Les écoles ont toutes les trois des effectifs différents. Les aides de la mairie sont adaptées à chaque établissement. Woas Wen compte deux salarié·e·s pour 30 enfants et Saint-Roch, un·e pour 10 élèves et deux pour 20 à Pen ar Ru.

Les enfants choisissent leurs devoirs 

Dans les trois écoles, les enfants sont mis à l’honneur. Mona Maze-Boudet est bénévole depuis trois ans à l’école Saint-Roch. Bilingue, elle transmet le breton. Mais, lorsque les enfants veulent travailler les multiplications, c’est leur propre décision : « Ce sont les enfants qui choisissent, on ne veut pas les contrarier. Comme ça, ils rentrent chez eux tranquillement le soir ». Les élèves peuvent même choisir s’ils restent avec le même bénévole ou s’ils et elles en changent.

« Ce sont les enfants qui choisissent, on ne veut pas les contrarier » – Mona Maze-Boudet, bénévole 

À Pen ar Ru, c’est la même façon de penser. Tandis que Johann, élève de CP s’exclame : « Oooh ! J’ai trouvé ! », Marie Cazuc, la bénévole qui l’accompagne trois soirs par semaine, sait qu’elle a réussi son pari. Alors que le petit Johann, soulagé, rajoute : « Arrivé à la maison, je serai tranquille ! »

Voir cette satisfaction sur le visage d’un·e élève, c’est une réussite pour la coordinatrice adjointe de Pen ar Ru, Anne-Lyse Brannens. « Pour le moment, il n’y a pas eu de retour de la part des parents, mais celui des professeurs est positif. Les enfants qui ne faisaient pas leurs devoirs les font et les autres sont plus attentifs. »

Un dispositif à succès

En seulement quelques années, ce dispositif d’aide aux devoirs a pris de l’ampleur par le biais du bouche-à-oreille au sein des trois écoles. Les demandes ont fortement augmenté. Mais le manque de bénévoles ne permet pas d’accueillir de nombreux·ses enfants. Ils sont de plus en plus demandés : « Les professeurs nous proposent régulièrement de nouveaux élèves en difficulté. Hélas, nous ne pouvons pas toujours leur répondre favorablement », explique Nelly Guerin, coordinatrice du temps périscolaire à l’école Saint-Roch.

« On est dans une logique de moyens constants » – Magali Renon, responsable du service enfance de la Ville

Si la demande s’est renforcée, la règle ne change pas : quatre enfants par bénévole. Les élèves ayant la chance d’être inscrit·e·s, peuvent ainsi bénéficier de meilleures conditions de travail. « Nous ne pouvons rien faire car on est dans une logique de moyens constants. Donc, on ne baisse pas les aides mais on ne va pas les augmenter non plus, analyse Magali Renon. On compte vraiment sur les bénévoles même si on sait qu’il y a aussi des désavantages. Ils peuvent partir quand ils le souhaitent, mais c’est  le jeu. »

 

Olympia Roumier et Mathieu Marin

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