Quelques membres du groupe accessibilité se retrouvent pour discuter des améliorations à effectuer au guide.

Quels sites culturels sont accessibles ? Quels sanitaires adaptés ? Quels commerces faciles d’accès ? Pour les personnes à mobilité réduite, les questions et contraintes sont multiples. Afin de donner des éléments de réponse, l’équipe « Accessibilité » édite chaque année un guide « Trégastel pour tous » destiné aux PMR dans la commune.

C’est en 2014 que l’idée d’un guide germe dans les esprits de Marité, Christine, Catherine, Odile et des bénévoles du groupe Accessibilité. À la base, un simple constat : Trégastel a l’avantage de ne pas être trop vallonnée et rend la circulation abordable. Mais les équipements ne sont pas toujours accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Avec des normes souvent contraignantes et pas toujours respectées, difficile de s’y retrouver et de savoir vers quels lieux se tourner. Pour éclairer les personnes handicapées, le groupe a sillonné les rues de Trégastel afin de tester les différentes infrastructures. En résulte un guide de quinze pages, réparties par catégories : stationnements, toilettes, promenades ou encore restaurants.

Un guide Michelin pour les PMR

Sous la coordination d’Odile Ledos, ancienne conseillère municipale, les différent·e·s membres du groupe ont repéré les contraintes pour se déplacer et estimer les trajets. Un objectif visant à alerter les pouvoirs publics. Accès aux promenades sur la côte, aux commerces ou encore aux restaurants, tout a été testé, approuvé ou recalé. Sans oublier les coups de coeur, qui récompensent les endroits où l’accès se déroule facilement. « C’est une sorte de guide Michelin pour les personnes à mobilités réduites habitant Trégastel mais aussi pour tou·te·s les touristes de passage », explique avec enthousiasme Marité Bassoullet.

« il faut reconnaître que l’accès aux lieux publics s’est amélioré » – Christine de Tonquédec, membre du groupe « Accessibilité »

Pour réaliser ce guide, de nombreuses réunions ont été menées avec la municipalité, directement sur le terrain. Une prise de conscience qui a permis d’analyser les difficultés et ainsi envisager la faisabilité de certains projets d’aménagements. « Nous sommes écouté·e·s mais si nous ne faisons pas la démarche, les choses n’évoluent pas. Cependant, il faut reconnaître que l’accès aux lieux publics s’est amélioré », explique Christine de Tonquédec.

Les incivilités peuvent aussi nous poser quelques problèmes

Chaque année, le groupe retourne évaluer ses anciens terrains d’enquête. Certains lieux deviennent toutefois impraticables. Des déconvenues qui permettent de remettre sans cesse à jour le guide. « Les incivilités peuvent aussi nous poser quelques problèmes. Par exemple, certaines personnes vont faire du scooter sur la côte. La mairie met alors en place des barrières pour éviter les accidents. Au final, cela impacte les personnes à mobilité réduite qui ne peuvent plus passer » soupire Odile Ledos.

Les sentiers du littoral sont le cadre d’une autre contrainte majeure. Classé Natura 2000, ils ne peuvent donc pas subir de transformations pour faciliter l’accès aux PMR. « Ces petits détails rendent difficiles nos déplacements car nous ne pouvons pas profiter pleinement de nos sorties, il y a toujours des obstacles. Mais nous essayons d’y remédier », martèle Marité Bassoullet.

A force de motivation et de démarche, le groupe a obtenu la mise en place d’installations essentielles, sur certains trottoirs, y compris dans les églises notamment. Des victoires qui permettent d’améliorer le quotidien et, à travers le guide, de réduire un peu plus les inégalités liées aux handicaps.

Photos : Odile Ledos

Mathieu Marin et Waldemar de Laage

Que dit la loi ?
La loi du 11 février 2005 marque un tournant dans la législation destinée à protéger les droits des personnes en situation de handicap. Elle se présentait comme assurer « l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées. » Elle prévoyait de rendre accessible tous les lieux publics aux personnes à mobilité réduite. Le délai était fixé à 2015 mais les députés ont reporté cet objectif jusqu’en 2024. La loi a également permis la création d’une Maison départementale des personnes handicapées dans chaque département, sous  l’égide du conseil départemental. En 2015, la proportion d’établissements recevant du public et accessibles aux handicapés était estimé à seulement 40 %.
                                                                                                                                                                                   Auriane Duroch-Barrier
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