Aude Meunier, en service civique, à son bureau.

Pour améliorer sa politique culturelle, la Ville de Lannion a mis en place un questionnaire distribué par deux médiateur·rices culturel·le·s, en service civique. La municipalité accueille en tout onze personnes sous ce statut depuis octobre dernier. Le but étant de faciliter l’échange avec les plus jeunes, à un moindre coût.

Alliancine Le Coz (à gauche) est la référente d’Ophélie Iriplet (à droite) qui assure depuis fin août le service et la communication de la cafétéria dans le cadre de son service civique à l’Urhaj Lannion. Pour Anthony Pezron, directeur du service culturel de la mairie de Lannion, « sans le service civique, la cafétéria n’aurait pas été un projet viable financièrement ».

En France, ils sont plus de 200 000 à avoir rejoint en 2017 le service civique. Créé en 2010, il est un « engagement volontaire pour l’intérêt général » au service d’une association à but non lucratif ou d’une structure publique. La mairie de Lannion en emploie onze et s’en sert pour faciliter la promotion de ses offres culturelles.

Parmi les missions proposées, on trouve des postes de médiateur·rices. À Lannion, leur mission est simple : comprendre les besoins culturels des Lannionnais·e·s. Et particulièrement, de ceux et celles qui ne profitent pas de cette offre. Cette étude se fait par le biais de micro-trottoirs mais aussi du questionnaire qu’ils ont rédigé et distribué dans les lieux culturels. « Pour la mairie, c’est aussi une expérimentation. Comme c’est une mission unique, cela rentre pleinement dans le cadre du service civique. Nous n’aurons rien à proposer après », résume Anthony Pezron, directeur du service culturel.

Faciliter la communication

Aude Meunier consulte les premiers résultats du questionnaire qu’elle a distribué dans le cadre de sa mission de service civique
Aude Meunier consulte les premiers résultats du questionnaire qu’elle a distribué dans le cadre de sa mission de service civique

« C’était la première fois que je rédigeais un questionnaire. J’avais pas mal de difficultés mais j’ai été bien épaulée par François Cornic, mon tuteur », raconte Aude Meunier, une des deux médiateur·rice·s. En effet, les jeunes en service civique sont encadré·e·s par un·e employé·e de la mairie, qui suit leur travail, ainsi que leurs projets d’orientation. « Lors des réunions, on croise régulièrement le service du patrimoine. Le rôle du tuteur, c’est de savoir si le métier d’historien, par exemple, intéresse le jeune », éclaire Anthony Pezron.

Les onze personnes concerné·s à Lannion ont entre 16 et 25 ans. La Ville cherche à attirer un public de cette même tranche d’âge dans les lieux dédiés à la culture. « Ce sont des jeunes qui vont parler aux jeunes. C’est moins biaisé que si cela avait été nous. On a trop tendance à se mettre à leur place alors que nous sommes souvent loin du compte », explique Anthony Pezron. La promotion et les partenariats associatifs aboutissent plus facilement avec les volontaires. « Le dialogue avec les enfants dans les écoles s’est fait tout seul. Ce n’était pas un élu qui parlait », illustre Aude Meunier. Parmi les autres tâches de ces médiateur·rice·s, les animations pour les enfants dans la médiathèque, l’espace Sainte-Anne ou encore dans les écoles.

Volontaires mais mal payé•e•s

« Je suis médiateur culturel à la médiathèque. Plus tard, j’espère devenir bibliothécaire. Il est évident que cela va me servir », envisage Steven Gaffe. Une expérience, une belle ligne sur le CV, pour un an passé dans une situation précaire ? « Le service civique supplée la suppression des contrats aidés. Mais il faut faire attention car la rémunération est moins élevée et il ne faut pas qu’il remplace un vrai poste », défend Anthony Pezron.

Le statut est indemnisé environ 580 euros par mois, soit 48 % de moins que le seuil de pauvreté en France, établi à 1 008 euros mensuels. L’État laisse la possibilité aux volontaires d’exercer un autre emploi à temps partiel pour compléter leur indemnité. Pour éviter les abus, des contrôles de mission sont effectués régulièrement par des inspecteur·rice·s du service civique. Au final, Aude Meunier se déclare satisfaite : « La mission correspond bien à ce qui m’était proposé. Pouvoir m’intéresser à tous les aspects des actions culturelles, c’est plus que ce à quoi je m’attendais ».

Alexandre Hodicq et Pierre Petitcolin

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